Aviez-vous des surnoms quand vous étiez petit ?
Oui. Teuteuf, Titi et mon père m’appelait le girafon. Mon surnom La Tortue vient de la Nouvelle Star. Lors de la première audition, je me tenais comme d’habitude, le cou en avant et je portais un pull vert qui n’arrangeait rien ! (rires)
Votre formation musicale était-elle le désir de vos parents ou le vôtre ?
Pour le piano, c’est clairement celui de mes parents. Ils cherchaient l’activité du mercredi. Je ne suis pas du tout sportif. Je voulais faire de la batterie mais mon père s’y opposait, alors j’ai opté pour le piano ; c’est l’instrument qui me paraissait le plus complet.
Et le chant ?
Ma voisine était chanteuse de jazz et donnait des cours. Alors j’ai sonné à sa porte… La voix, c’est l’autre instrument. C’est le chant qui m’a donné envie de faire de la musique.
Quel rôle joue la musique dans votre vie ?
Je n’aime pas lire mais la musique m’attire et j’aime le cinéma pour la musique. Mon premier CD était d’ailleurs du compositeur de Star Trek, James Horner… La musique, c’est un moment de respiration qui emmène dans un univers pour penser et rêver.
Quand écoutez-vous de la musique ?
Je ne l’aime pas en bruit de fond. Alors le meilleur moment pour moi, c’est le soir, un casque sur la tête, au moment de me coucher. Pour comprendre un album et apprécier un artiste, j’ai besoin de me poser.
Avez-vous rêvé de devenir chanteur ou musicien ?
Comme beaucoup d’enfants, il m’est arrivé de prendre la télécommande et de chanter à fond dans le salon. Mais j’étais persuadé que ça n’arriverait jamais.
A 19 ans, vous avez tourné dans le film Alive. Comment est-ce arrivé ?
Après mes deux ans de chant jazz, je suis rentré dans une chorale gospel. Nous faisions régulièrement des concerts dans la banlieue parisienne. C’est à la fin de l’un d’entre eux que quelqu’un est venu me dire : « Bonjour, je travaille chez Mercury Universal, nous cherchons une voix pour un film, et nous aimerions vous auditionner pour ce rôle. » Et j’ai répondu « Eh bien moi je travaille chez Sony ! » J’étais persuadé que c’était une blague. Très longtemps après, il m’a rappelé et j’ai compris que c’était sérieux. Mais j’étais opposé à l’idée de chanter dans un film. J’ai cédé sous la pression de mon entourage.
Comment ça s’est passé ?
Quand le réalisateur m’a demandé de me mettre devant la caméra, j’ai immédiatement prévenu : « je ne me déshabille pas, je garde tout ! » Je n’avais ni maquette, ni chanson préparée alors j’ai chanté un gospel. Et à la fin, ils m’ont dit « Il faut que tu chantes ! » J’avais des lunettes triple foyer, j’étais couvert d’acné, je ne voulais pas imposer cette vision aux spectateurs, j’ai donc refuser l’offre.
Comment vous ont-ils convaincu ?
En rentrant chez moi, j’ai quand même commencé un traitement de roaccutane au cas où ! Et trois semaines plus tard, ils m’ont rappelé. A cours d’argument, j’ai affiché un prix fou à la journée me disant que ce ne serait jamais accepté.
Combien ?
Je ne sais plus, mais ce devait être de l’ordre de 2000 Euros par jour. Ce film exigeait que j’abandonne la fac et mes petits boulots. Je n’avais pas envie de tout laisser tomber. Et finalement ils ont accepté toutes mes conditions. Dès la fin du tournage, j’ai couru me réinscrire à la fac.
Mais de quel métier rêviez-vous ?
Je voulais devenir professeur de communication.
Comment êtes vous finalement arrivé dans un casting de la Nouvelle Star ?
C’est ma sœur qui a tout manigancé.
C’est-à-dire ?
Elle était enceinte jusqu’au cou et m’a fait venir à Toulouse sous prétexte que son mari la laissait seule pour le week-end. Non seulement mon beau frère était là, mais en plus le dimanche matin, ils m’ont sorti du lit à 7 h pour m’emmener à Toulouse, sous une pluie battante et dans une file d’attente monstrueuse. J’ai accepté de rester en exigeant que ma sœur et mon beau-frère passent le casting, comme moi. Il y a donc quelque part un enregistrement avec leurs performances !!! C’est ce jour là que je portais le fameux pull vert rayé qui m’a valu mon surnom.
Etes-vous heureux, dans cette carrière inattendue ?
Je suis vraiment très épanoui parce que chanter me permet aussi d’utiliser mes connaissances en droit et en communication. Je gère tout de ce métier et mes années à la fac m’aident beaucoup dans ce sens. Mais pour moi ça n’est pas tout à fait un métier.
Pourquoi ?
Parce qu’on ne maîtrise ni le succès, ni la partie médiatique.
Vous démarrez la tournée Coffee Tour. Vous vous arrêtez à Strasbourg le 9 juin. Que pouvez d’ores et déjà annoncer au public strasbourgeois ?
Aucun titre n’est identique à ce qu’il est sur l’album. Mon spectacle est construit comme un film avec une ouverture, six tableaux de trois à quatre titres chacun et un générique de fin. J’ai réalisé le spectacle que j’aurai voulu voir si j’étais un fan !
A. H.